C’est l’histoire de Husbands à La Maroquinerie…

La première fois que j’ai rencontré Husbands, c’était dans ma cuisine. Je faisais la vaisselle, et comme à mon habitude, j’accompagne cette tâche ingrate d’une random playlist. 

Husbands Wemusicmusic

Husbands à La Maroquinerie en très haute définition ©G.Calsou

Je ne sais pas si les vapeurs du Paic Citron y sont pour quelque chose, mais les premières notes de « Dream » m’ont remplie d’une euphorie dansante que j’éprouve rarement pendant l’accomplissage de tâches ménagères. Abandonnant dans un même mouvement gracieux mes assiettes sales et ma dignité, je remets le morceau. Une fois. Deux fois. A la fin de la quinzième fois, ma voisine me hurle d’arrêter de sautiller partout dans l’appartement. Fébrile, je décide d’envoyer « Dream » à la moitié de mes contacts facebook (l’autre moitié n’en vaut pas la peine) On me répond « c tro cool c koi? » (mes amis sont dislexiques mais ils ont de très bons goûts musicaux).

C koi Husbands alors ? C’est cette idée merveilleuse qu’ont eu trois membres de très chouettes groupes issus de la scène indie pop marseillaise (Nasser, Kid Francescoli et Oh! Tiger Moutain) de réunir leurs talents pour produire un groupe nouveau et surprenant, un trio electro-pop aux accents de folk, de bonheur et de mélancolie.

Clip Wemusicmusic

©Youtube

Bref. Cette longue introduction pour expliquer que je n’apprécie pas Husbands. J’en suis littéralement tombée amoureuse, tendance obsessionnelle, et que j’attendais avec impatience leur passage à Paris. Surtout qu’entre temps, j’avais donc découvert qu’il y avait d’autres morceaux que « Dream » et que leur album éponyme regorgeait de pépites qu’il me tardait d’entendre en live. Apparemement je n’étais pas la seule puisque le concert affiche complet depuis plusieurs jours et que La Maroquinerie était remplie à ras bord de gens surexcités à l’idée d’assister à une  Release Party qui s’annonçait mémorable.

Bien décidée à ne pas faire d’infidélité à mes chers Husbands, j’ai la ferme intention de ne pas me laisser charmer par la première partie. Ce fut un échec cuisant car le duo Thousand a enchanté la salle avec des mélodies folk-pop somptueuses. Le chanteur a une voix de crooner sacrément impressionnante, que sa partenaire accompagne avec douceur. Le résultat est à la fois langoureux et entraînant, un mélange désordonné d’Andrew Bird, de The Real Tuesday Weld et de Troy Von Balthazar avec une touche de groovy. Mention spéciale à « The Kill », chanson taquine et touchante, qui m’a fait penser, allez savoir, à Marcia Baila des Rita (les « ouh ouh » sans doute) Bref vivement leur prochaine date au Point Ephémère (le 16 avril).

husbands Wemusicmusic

©20minutes

A peine le temps d’aller fumer une clope que les premières notes husbandesques retentissent. Retour dans une salle où les spectateurs semblent s’être reproduits pendant mon absence. Pas moyen de retrouver ma place, et toute occupée à insulter mentalement le rugbyman de deux mètres qui me gache la vue, je ne reconnais pas le premier morceau. Mais c’est une douce et entraînante intro, parfaite pour mettre dans l’ambiance. Heureusement, me hissant du plus haut de mon 1m20, j’arrive à apercevoir les trois Husbands sur scène. Trois dandys, chemises blanches cravates, dont un chanteur chevelu particulièrement énergique. Guitare, basse, synthé, chant divin, ils sont tous là. Le concert commence pour de bon avec l’ondoyant « Everyday » dont le refrain ne me quittera pas de la semaine. La magie d’Husbands opère surtout car ces garçons maîtrisent à la perfection leurs instruments et l’harmonie des rythmes. On enchaîne avec « If I can Feel it » et « Let Me Down », morceaux électrisants et généreux.

Et puis Overseas. Comment dire. Comment dire sans verser dans le lyrisme à outrance, à quel point ce titre enchanteur est le chemin le plus rapide pour accéder au Paradis ? Cependant, le morceau me semble plus brutal en live que dans mon casque. Qu’importe, car la montée d’Overseas…Par décence, j’aurais aimé éviter d’employer le terme orgasmique mais c’est le seul capable de retranscrir les effets conjoints de cette voix si tendre et de ces notes si voluptueuses qui l’accompagnent. A peine le temps de ne pas m’en remettre, que ces coquins déboulent Dream sans crier gare. Alors Dreams en live. Je n’ai rien à dire car j’ai passé le morceau dans un état extatique, à sourire bêtement et à danser. Une vraie petite tuerie et le public semblait bien d’accord avec moi.

Et on continue dans l’enchainement de morceaux vibrants à souhait…Husbands, ça fait un peu penser à « C’est pas Sorcier », où on apprend en s’amusant. Là, on danse en planant. (et sans drogues en plus, oui Madame!). Les « tchou tchou » sussurrés par le chanteur pendant « Where is My Ego » achèvent de faire tourner la tête des spectateurs dans une atmosphère très electro. Le jeu des drums n’est pas sans rappeler LCD Soundsystem.

Il y a aussi du Hot Chip, du Metronomy, du Ratatat, du RJD2 dans l’air, mais ce qu’il y a surtout, c’est du Husbands. Ce groupe assène une petite fessée, amicale, mais ferme, à l’électro-pop français. A force de danser, le public chaud bouillant est ivre de sueur et accueille avec reconnaissance la vague de fraicheur du dernier morceau « You, Me, Cellophones », fraicheur est d’ailleurs un bon terme pour décrire l’attitude des musiciens, en symbiose parfaite entre eux, mais aussi, avec le public.

Une conclusion parfaite pour un moment parfait, la félicité absolue. Merci à eux, merci à la Maroquinerie qui, comme d’habitude, défriche les perles sonores pour notre plus grand bonheur. Et en ce qui me concerne, je me tâte à prendre ce fameux OuiGo pour aller les voir à Marseille le 24 juillet car je ne me sens pas la force d’attendre le 17 décembre pour leur date au Trianon à Paris. Mais. Que vois-je ? Husbands le jeudi 2 avril aux Halles, Place Carrée, dans le cadre du Forum Live, et accompagnés de A Rainmaker (un autre groupe qui dépote!). Joie !

EVE.

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