Le Gangsta Rap dans les veines de Kendrick Lamar

De l’autre côté de l’Atlantique, un album est entrain de prendre la trajectoire d’une fusée, se dirigeant tout droit vers les hautes sphères des charts U.S. Et ce n’est ni l’oeuvre de la NASA, ni celle d’une opé Red Bull.

maxresdefaultMais qui peut bien exploser le streaming de Spotify avec ses 10 millions d’écoutes ? Retenez bien son nom car il fera sûrement les beaux jours du hip-hop : Kendrick Lamar.

Ici, on est loin des gesticulations d’un mec qui se prend pour dieu et qui s’est perdu dans le musée de la fondation Louis Vuitton. Sans avoir la voix aussi aigüe que son aïeul Easy-E, le petit prodige de Compton (comté situé dans le suburb de L.A), possède un flow vif, acerbe et enflammé. Le hip-hop que porte Kendrick Lamar dans les tripes est celui du légendaire ghetto californien et de son père spirituel, TuPac.

Trois ans après son premier album « auto-portraitique » Good Kid, M.A.A.D City qui fut une révélation dans le milieu, Kendrick Lamar signe ici un second volet To Pimp a Butterfly bien supérieur dans son contenu, qui impose le respect tant les références sont nombreuses. Le vent de colère et d’indignation provoqué par la mort de Michael Brown à Ferguson et Eric Garner à New York a réuni les foules afro-américaines en novembre dernier. L’album de Kenrick Lamar en fait écho et frappe de son sceau avec un rap sauce West Coast bel et bien de retour et décidé à se faire entendre.

À l’image de la chanson King Kunta. Tu te rappelles ces low-riders rutilantes et bondissantes, ces mecs qui zonent en bike ou dansent le c-walk (pas de danse célèbre du gang des Crips), ces femmes qui jouent à entrechoquer sans vergogne leurs fesses saillantes ? Et bien tu vas frémir car Kendrick Lamar l’a filmé et te fait oublier un moment le cancer des trafics de drogue. Voici le clip tourné dans le neighbourhood en format instagram, qui vient tout juste de sortir ! Une dinguerie :

Plus sérieusement. Ce qui frappe à l’écoute des chansons, ce sont la densité des textes et tous ces sentiments exprimés à brûle-pourpoint. Le verbe engagé de Kendrick s’articule dans des airs tantôt free jazz (écoute For Free ?), tantôt ambient, tantôt funk et tantôt slam !

Pour sûr, il te faudra l’écouter à plusieurs reprises pour en tirer tout le jus concentré et cerné les angles de cette pierre brute. Débutant par cette formule solaire « Every Nigga is a star », l’album se ponctue par un entretien post-mortem avec TuPac,Kendrick lui pose des questions qui le préoccupent, parle de ses inquiétudes dans un monde blessé, aux plaies multiples, toujours au bord de l’hémorragie. Et nous presque au bord des larmes. Merci Kendrick.

2 réponses à “Le Gangsta Rap dans les veines de Kendrick Lamar

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