Interview : En tête à tête avec Catherin

Elle jouera ce vendredi au Panic Room, à Paris. Rencontre avec Catherin, une artiste inspirée sur qui on parie qu’il faudra compter.

Capture d’écran 2015-05-09 à 18.39.06

On te connaissait déjà dans ton projet Anything Maria, mais qu’en est-il de Catherin ? Et quelles en sont les sources d’inspiration ?

En fait, dans Catherin j’explore mon côté sauvage, la part primitive et nocturne. Avec mon précédent projet Anything Maria, j’y touchais déjà du doigt, mais je souhaitais désormais faire la dissociation entre ce premier projet « chanson » et Catherin, qui est un projet club, electro. D’où la naissance de Catherin, que je conçois vraiment comme une expérience a part entière, un « side project » club pour compléter et explorer une énergie différente de celle de la chanson.

Côté inspiration, ce qui m’intéresse avant tout c’est le rythme, dans sa forme la plus primitive, que j’aime d’ailleurs retrouver dans les « musiques traditionnelles » et rythmiques africaines. avec Catherin j’ai voulu essayer un ‘side’ projet club pour compléter/explorer une énergie différente de celle de la chanson

Catherin, ça part donc d’un véritable attrait pour le club finalement ?

Oui en quelque sorte. Plus que pour le club ce qui m’attire, c’est cette espèce de transe, cette façon avec laquelle les gens se laissent aller. Le clubbing permet un lâché prise total et c’est ce qui m’intéresse énormément à travers ce projet. J’avais besoin de revenir à quelque chose d’irrationnel, de dionysiaque presque. Avec le club, les gens peuvent toucher à cet irrationnel, et ça me paraît hyper important, surtout dans des sociétés ou tout est contrôlé, segmenté, compartimenté, hyper rationalisé.

Ce qui m’intéresse également le plus dans le clubbing, c’est la dimension live. D’expérience, j’ai pu me rendre compte qu’émotionnellement une prestation live touchait beaucoup plus le public. Mais c’est aussi cette envie d’y créer un véritable univers, une expérience totale, hors du temps,mêlant compositions visuelles et sonores.

Capture d’écran 2015-05-21 à 14.00.21

Qu’est ce qui te plait dans le mix ? L’énergie du public, la musique que tu joues ?

Un peu des deux je crois. L’énergie du public et la musique que je joue, qui assemblées donnent cette possibilité de toucher à l’irrationnel le temps d’une nuit et de se lâcher totalement.

Côté composition, tu procèdes comment ?

Il n’y a pas vraiment de règle, généralement, je pars d’un kick, d’une rythmique qui me porte et je me laisse aller, j’y ajoute un flow, je pause des voix, une idée de texte…

J’ai vu que tu avais déjà pas mal joué à l’étranger, Tokyo et Berlin notamment. Tu en retiens quoi ?

L’idée de la musique de club que j’avais au départ était très proche de celle qu’on peut entendre à Berlin, mais aujourd’hui j’ai une grosse attirance pour la scène anglaise. Berlin ça a toujours été une ville à part côté musique et qui continue d’être précurseur. Pas mal d’amis me disent que, depuis quelques temps, c’est le niveau Williamsburg, avec arrivage massif d’artistes américains il en ressortira surement des nouvelles choses côté musique.

Tokyo je n’y suis pas resté assez longtemps, mais ce qui m’a vraiment plu, c’est cette ouverture musicale. J’ai entendu des musiques assez barjots qui restent accessibles. D’ailleurs mon dernier podcast en est assez inspiré. Y’a une grosse scène (et tradition) de musique expérimentale la bas. La scène électro y est donc très dense et « bold » – de ce que j’ai pu en percevoir, notamment en matière de House.

Que penses tu de Paris ?

À Paris je me sens un peu étriquée dans la vie nocturne. C’est petit et les loyers proportionnellement élevés, et il me semble que le soucis de rentabilité pèse trop, au détriment de la spontanéité et du côté « casual ».T’as un peu ce sentiment que les soirées sont moins bon enfant, moins désinvoltes et plus structurées, contrôlées, la nuit est censée être le lieu de tous les possibles.

À Berlin ou même à Londres ou New York qui sont des villes plus grandes – qui permettent donc une scène underground plus touffue – je ressens moins ce truc là. On croise des vrais amateurs de musiques dans des clubs, les publics sont moins cloisonnés. Juste mon feeling….

Tu ne trouves pas que le Weather Festival et la Concrète ont quand même donné un véritable coup de boost au paysage électro Parisien et porté au passage un véritable regain de la scène techno ?

Si totalement. Ils proposent des line-up de qualité, avec des artistes que peu de gens connaissent et ça marche à chaque fois. Ils ont contribué à l’ouverture d’une nouvelle scène, c’est certain.

On à la chance de t’accueillir ce vendredi au Panic Room dans le cadre de notre soirée, tu connaissais ce lieu ? Un indice sur ce que tu nous réserves côté son ?

Je suis ravie de jouer ce vendredi soir au Panic Room ! Je connaissais le lieu à l’époque mais ça fait vraiment longtemps que je n’y avais pas remis les pieds. On m’en a dit d’ailleurs beaucoup de bien. Surprise pour le set, je peux déjà vous dire que ce sera surement orienté house, mais en accordant toujours une grande importance à la rythmique.

D’autres actualités sinon ?

La sortie dernièrement de mon remix du titre Gran Rivie produit par Breen & Cesar, en collaboration avec Traumer. Sinon j’organise le 29 mai une soirée avec une très bonne amie, où je jouerai d’ailleurs. Ça se passe à Paris au Starnightpalace et ça s’appelle Patsy, en référence à la série satirique uk Ab Fab. Après j’ai des dates en juillet, et jouerais très certainement à Londres cet été.

Catherin ? Et pourquoi pas Denise ?

C’est lié à Catherine Deneuve, qui est pour moi une véritable icône. C’est une femme tout d’abord qui a cinquante ans de carrière derrière elle. Elle a cette capacité rare à incarner des rôles très différents et complexes. De la jeune première de Peau D’âne, petite blonde au brushing impeccable dans les Demoiselles de Rochefort à celle de Bunuel, Truffaut, Polanski, Tony Scott…… elle incarne une femme multiple, complexe, énigmatique… moderne.

Dans Belle de Jour de Bunuel (Bunuel !), par exemple elle joue le rôle d’une épouse modèle bourgeoise. Cette vie parfaite se craquèle le jour ou elle choisit de se prostituer et par là d’explorer ses désirs profonds – sa part irrationnelle, en l’absence de son mari. Un film effrayant, surréaliste – et un chef d’oeuvre.

Ton son du moment ?

Matrixxman Simulation, un artiste qui joue énormément sur les percussions, également pour Mike Dehnert, dont le titre Detroit Switch Back To City est vraiment excellent.

À découvrir ce vendredi, au Panic Room, 101 rue Amelot, 75011 Paris

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s