On aime toujours autant le Midi Festival !

On était au Midi Festival en ce dernier week-end de Juillet et comme chaque année, on s’est laissé porter quelques jours par la magie de l’endroit, les vieilles pierres, la vue surplombant la baie de Hyères et puis ces groupes, dont la musique revêt un charme tout particulier lorsqu’elle tournoie dans les bourrasques du mistral, irisée par les derniers rayons du soleil.

(c) midi

Photo: Midi

Le Midi fêtait sa onzième édition cet été. Les temps sont parfois difficiles pour les festivals dans la région toulonnaise, et notre présence sous les pins séculaires, un verre de bière à la main, à se délecter d’une programmation toujours extrêmement stimulante, était encore en suspend il y a seulement quelques mois. Aussi, quelle fut notre joie lorsque les dates et les premiers noms sont tombés.

Le programme a repris le format de l’édition précédente : deux soirées de concerts avec en bonus une après-midi de DJ-sets le dimanche. Pour ne pas en perdre une miette nous avons repris le chemin de la Villa Noailles dès la fin d’après-midi de ce vendredi 24 juillet.

JOUR1

À peine arrivés, on croise des têtes connues : l’inénarrable chanteur du groupe Ménage à Trois -qui ne se produira pas cette année mais qui avait fait sensation l’an dernier-, les ex-membres de la constellation Wu-Lyf qui jouent plus ou moins tous les ans dans des formations différentes (Los Porcos, Francis Lung…) et qui cette année ouvrent le festival avec leur projet Dream Lovers, sorte de pop éthérée, quasi instrumentale, énième émanation du collectif mancunien prolifique.

(c) Alexandre Hiron

Photo: Alexandre Hrn

A leur suite Touch, formation US, délivre une pop qui manque d’aplomb pour emporter le public, la faute sans doute aux nombreux problèmes techniques rencontrés par le groupe et qui semblent les empêcher d’entrer véritablement dans leur set. On pressent tout de même un véritable potentiel, à revoir si l’occasion se présente.

(c) Camille Ruiz

Photo: Camille Ruiz

Après ces débuts en douceur, on décolle pour la première fois avec les Londoniens de Groves dont les guitares énergiques tissent des motifs entêtants portés par une base électro envoûtante. Arpeggiators et batteries se mêlent pour créer un groove des plus efficaces. En surplomb la voix du chanteur, reverbérée, prophétique, s’élève alors que la nuit s’installe sur la Villa Noailles.

C’est la parfaite introduction pour le set de Christopher Owens, véritable icône du Midi Festival, programmé pour la première fois en 2008 avec son groupe Girls, le chanteur avait fait naitre une émotion durable, dont certains portent encore les stigmates. On le retrouve 7 ans plus tard, toujours juché sur sa paire de chaussure à talons (l’image nous avait déjà marqués en 2008) avec une formation à 4. Les nostalgiques de Girls sont servis. Pendant près d’une heure Christopher égrène ses tubes : Ghost Train, Lauren Mareen, Sumertime… entrecoupés de titres issus de son dernier album, « Chrissbaby forever », autant d’histoires de cœurs brisés et d’occasions manquées, toutes semblables à de vieux slows qui seraient joués dans un dancing perdu le long de la côte californienne.

On en restera là pour cette première soirée.

(c) Béatrice Miniconi

Photo: Béatrice Miniconi

JOUR2

Le lendemain c’est Rat Boys qui ouvre les festivités. Les membres du groupe ne dépassent pas 20 ans, mais derrière leurs têtes de poupons se cache un rock british efficace à l’insolence sympathique. L’énergie est là, portée par l’accent cockney du chanteur.

(c) AlexandreHrn

Photo: Alexandre Hrn

Spring King, dont le style oscille entre punk et cold wave continue dans cette veine. On se surprendrait presque à faire un peu de head-banging. Le groupe, qui site Arcade Fire, Dirty Projector et les Clash comme références est très convaincant sur scène.

C’est ensuite à A.R. Kane de monter sur scène. Formé en 1986, il passe pour être l’un des pionniers de la dream pop. Les guitares aériennes truffées d’effets, les sons expérimentaux et les chants solaires nous placent un instant en orbite de quelque lointaine galaxie. Une parenthèse vaporeuse bienvenue après ces deux premiers groupes très rock.

On se laisse ensuite porter par le Hip-Hop de Loyle Carner, le jeune rappeur britannique. Son flow élégant, sa sincérité et sa fraicheur ont totalement conquis le public. Sur scène, le jeune prodige évoque le deuil de son père avec les titres poignants « BFG » et « Cantona ». Pourtant la joie de se trouver là, son flow implacable ont fait de ce set l’un des meilleurs moments du Midi Festival, sans conteste la grande révélation de cette édition. Artiste à suivre absolument dans les mois à venir !

(c) Camille Ruiz

Photo: Camille Ruiz

En clôture du festival, on retrouve Ben Khan, le crooner made in England qui rappelle par moment James Black ou How to Dress Well mais dans une version plus groovy, avec des influences soul, funk et r’n’b très intéressantes. Sur scène le set est impeccable, rien ne dépasse, s’en est presque trop propre. On se retrouve pourtant bien vite à danser dans une sorte de transe en slow motion, la musique de Ben Khan est décidément vraiment fascinante !

(c) Camille Ruiz

Photo: Camille Ruiz

JOUR3

Le dimanche, comme pour redescendre en douceur, le Midi nous a prévu une après-midi de DJ-sets bienvenue. Aux platines se succèdent l’excellent Malcolm qui nous a fait danser sur un Afrobeat électro des plus efficaces, mais également Cracki Crew, et Ghost of Christmas. Toute la journée, les jardins de la Villa Noailles se sont transformés en un vaste dance floor, à ciel ouvert, sous les rayons du soleil avec le chant des cigales en overdub.

On est repartis enchanté, comme chaque année, par un festival qui continue, bon an mal an, à faire de la région toulonnaise une scène à l’avant-garde des musiques indé. On lui souhaite de poursuivre sa route de nombreuses années, pour l’heure on tâche de garder le plus longtemps possible cette petite chaleur pailletée qui s’est instillée en nous, quelque part sur les hauteurs de Hyères.

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