Real Lies – « Real life », premier album

On suit Real Lies depuis notre rencontre avec eux au Midi Festival en 2014, à l’époque le projet était encore largement confidentiel mais Jamie XX passait un de leurs morceaux dans sa Boiler Room, ce qui en soi constituait déjà une très belle carte de visite.

RL-Packshot

On avait été captivé par leur morceau North Circular surtout, et ses histoires de ponts d’où l’on saute, de nuits d’errances dans des stations-services vides, de cœurs brisés, le tout chanté en talk over sur une musique dance sombre qui sent l’humidité des clubs de seconde zone du nord de Londres… Il en résultait une sorte de noirceur éclairée par les seuls rayons d’un soleil blafard qui filtreraient à travers la brume très tôt le matin. Le dernier soubresaut euphorique avant la gueule de bois, la rage d’oublier un spleen chronique dans les vapeurs de l’alcool et la musique assourdissante. Le désespoir d’une certaine génération anglaise aussi, romantique à en pleurer et passablement autodestructrice.

Ce premier album à paraitre le 16 octobre 2015 en dit un peu plus long sur le projet artistique qui sous-tend Real Lies. Le groupe détaille dans les pages musiques de the Guardian le propos de chaque morceau, on y découvre une réalité urbaine faite de maisons de location précaires, infestées d’araignées, où l’on fait la fête 5 jours d’affilé, de night-clubs qui apportent un peu de réconfort. C’est l’histoire d’un exode depuis une petite banlieue minable d’Angleterre vers la capitale dont la vie nocturne fascine tout autant qu’elle détruit quiconque s’y perd mais qui offre, paradoxalement, une forme de rédemption. C’est aussi l’histoire des premiers amours et de leur lot de désillusions, la construction d’une vocation artistique qui se nourrit d’un vague à l’âme permanent, d’un sentiment d’impuissance face à des émotions que l’on arrive à exprimer que virtuellement, par le retweet de citations littéraires.

A coup sûr, le propos de Real Lies ainsi que la forme par lequel il s’exprime, vont bien au-delà de la qualité musicale de ce premier album. Ils expriment à la manière d’un Joy Division des temps modernes, le sentiment de vacuité que l’on ressent à l’orée de ses 20 ans et qui nous pousse vers une fureur de vivre qui brûle la nostalgie de l’enfance par les deux bouts. The Real Life en quelque sorte, celle qui cherche à faire briller une lueur au cœur de la nuit.

Pour suivre Real Lies : https://www.facebook.com/RealLies
Pour commander leur album : ICI.

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