Une journée au Printemps de Bourges 2016 !

Une journée de concerts dans un festival qui s’étale sur six jours, forcément c’est un peu frustrant… Mais ça n’empêche pas de faire de belles découvertes et réviser un peu ses classiques. Retour sur notre passage express au Printemps de Bourges Jeudi 14 et vendredi 15 avril.

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C’est traditionnellement le premier gros festival français de l’année qui peut, de fait, servir d’étalon pour fixer le baromètre du kiff pour la saison musicale printemps / été. Il y avait beaucoup de très bons groupes programmés cette année : Flavien Berger, Salut c’est Cool, les rejetons du label entreprise avec pêle-mêle : Grand Blanc, Bagarre, Fischbach (Lauréate des Inouïs 2016), une soirée hallucinante le samedi jusqu’à 04:45 avec Thylacine, The Shoes, Club Cheval, Birdy Nam Nam, soirée qui marquait aussi le grand retour de la Femme et du quatuor niçois Griefjoy, on en passe et des meilleurs. Vous conviendrez sans mal de notre désarroi de l’avoir manquée…

Mais trêve d’autoflagellation, revenons sur ce que nous avons vu et entendu IRL!

Notre journée du jeudi a commencé avec une session deezer assez décevante, on voulait y voir Feu! Chatterton et Patrick Watson mais la Grande Sophie a eu raison de notre patience… A peine sorti par la petite porte, nous sommes allez faire un tour à l’Auditorium et là, excellente surprise avec le groupe israëlien Lola Marsh.

Sur scène la formation originale en duo s’est muée en un formidable quintette. 5 musiciens pour donner plus de force aux hymnes pop-folk aux accents rock indie, portés par la voix cristalline de Yaël Shoshana Cohen, sculpturale dans sa longue robe blanche, les cheveux tressés de fleurs. Les morceaux sont tissés en douceur, avec une véritable intensité lorsqu’ils s’élèvent en volutes de fumée turquoise vers des cimes aériennes. L’influence de Lana del Rey est évidente mais n’enlève rien à l’originalité du groupe qui sait emmener la foule avec des titres pop fédérateurs comme « You’re Mine ».

on vous épargne les mauvaises photos à l'iphone, le festival en produit de très jolies.

On vous épargne les mauvaises photos à l’iphone, le festival en produit de très jolies.

Autre quintette -français cette fois-ci- autres latitudes sonores avec l’Impératrice dont on vous parlait déjà ici et . La formation originaire de Paris, joue une disco-moderne sauvagement groovy aux accents tropicaux de par l’imaginaire qu’elle développe. Sur la scène du 22, les 4 musiciens sont campés derrière leurs synthés vintage et encerclent la chanteuse qui porte l’ensemble de sa voix jazzy. La scène est décorée de guirlandes lumineuses et néons fluo qui confèrent à l’espace des allures de discothèques.

On pense à la démarche d’Arcade Fire lors de sa dernière tournée, et sa volonté de recréer un club rétro sur les planches, mais la comparaison s’arrête là. Leur musique, secouée par des lignes de basses redoutables, rythmée par une batterie qui fleure bon les beat-clubs des années 70s, électrisée par des synthétiseurs et une guitare qui oscillent entre disco et électro, confèrent à l’ensemble le parfum (thérémine ?) d’une douce explosion, plus florale que chimique, dont le souffle chaud guide nos sens vers quelques contrées exotiques, attisant sans cesse notre sensualité. « Agitations tropicales » chante l’Impératrice et, force est de constater, qu’une étrange torpeur gagne le public qui improvise des pyramides humaines, filles sur les épaules des garçons, le tout dans une euphorie contagieuse. Un a un, le groupe égrène les titres de son dernier EP, la fascinante « Odyssée » qui nous emporte vers de charmants climats.

Printemps de Bourges 2016: 40ème édition à Bourges du 12 au 17 avril 2016.

On se dirige ensuite vers l’un des clous de la soirée, les extravagants Feu ! Chatterton. L’excellent quintette (encore un !) parisien situe également sa musique dans une forme de fantasme tropical mais qui serait plus bancal que celui de l’Impératrice, qui aurait des accointances avec une forme de folie douce, une agitation du bocal chronique qui laisserait filtrer, entre les fêlures, une lumière éclatante. La prestation scénique est impressionnante, elle tient pour beaucoup aux divagations logorrhéiques d’Arthur, le chanteur, dont la prose rappelle sans peine les poèmes baroques d’un Gainsbourg ou d’un Bashung.  Ici l’exotisme s’immisce subrepticement dans les recoins de nos nerfs pour bientôt gagner totalement nos cerveaux et nous faire craindre de finir fous à lier. Les crocodiles accostent auprès de palmiers sauvages d’une jungle mentale passablement encombrées. Le spectacle est total, la performance de haut vol, on applaudit des deux mains et on en redemande. Certainement l’un des meilleurs concerts du festival.

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