Rencontre avec Gildas Rioualen, co-fondateur du festival Astropolis

Né au début des années 90, le Festival ASTROPOLIS a été fondé par 2 mecs férus de musique électronique : Gildas Rioualen et Matthieu Guerre-Berthelot. Rencontre avec Gildas, pour revenir sur l’histoire des 21 dernières éditions.

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Matthieu et Gildas, fondateurs et organisateurs d’Astropolis

Tu peux nous raconter les débuts du festival ?

Dans les années 90, à Brest il y avait peu de concerts du coup on bougeait pas mal. Le grand rendez-vous c’était les Transmusicales de Rennes, la prog était vraiment top. Je me souviens par exemple, en 1992, du groupe Underground Resistance au Liberté. C’était pour nous une grosse claque, on se disait que cette musique venait de l’espace, on ne connaissait pas du tout. Après ça, on a délaissé le rock pour la musique électronique.

Lors de nos premiers évènements, on était hyper naïf. On ne se souciait pas des problématiques d’autorisations communales, des gendarmes, des institutions… Dans ce contexte, organiser une soirée ne prend pas beaucoup de temps. Surtout qu’à l’époque, il y avait entre 600 et 1000 personnes en Bretagne dans le milieu de la musique électronique, ce n’était pas beaucoup comparé à aujourd’hui. 

Et puis est arrivé le premier Astropolis. Notre volonté avec le festival était d’accueillir de nombreux artistes, de plusieurs pays. Seulement les médias ne nous aidaient pas beaucoup. Ils communiquaient sur notre musique, mais pas dans les bonnes pages. C’était plutôt dans la rubrique Faits divers. Ce qui nous donnait une mauvaise image. D’ailleurs, cette année là, nous avons été au tribunal pour tapage nocturne accompagné d’une amande de la SACEM. 

A ce moment nous avons eu un dilemme : rester underground, en marge des évènements officiels, ou bien être plus institutionnel. Nous avons choisi la 2ème solution mais il subsistait une incompréhension de la part des institutions pour la musique techno. Heureusement, nous avons rapidement rencontré Laurent Garnier qui nous a soutenu et a participé à la reconnaissance de la musique techno.

Aujourd’hui on souhaite vraiment conserver cet esprit. Nous nous sommes battus pour ça.

Pourquoi le nom Astropolis ?

On voulait créer une sorte de « cité des étoiles », en référence à Underground Resistance que nous qualifions de musique de l’espace. Notre idée était d’avoir plusieurs scènes pour plusieurs styles.

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Tu as vu passer 21 éditions. Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué ?

Il y en a plusieurs !

La première édition déjà ! Il y avait eu un changement de lieu une semaine avant, la gendarmerie était au courant de ce changement. Nous avons dû trouver un champ au dernier moment. Au final, on a reçu énormément de plaintes et le groupe électrogène a été coupé au petit matin. 

Le festival s’est ensuite beaucoup développé au château de Keriolet à Concarneau. En 1996, on a réussi à organiser le festival, mais nous étions la seule rave autorisée en France. D’ailleurs on avait accueilli Jeff Mills et Laurent Garnier, il y avait un énorme plateau.

Pour la petite anecdote, le propriétaire du château de Keriolet de Concerneau nous avait dit « vous pouvez tout faire chez moi à partir du moment où vous rendez les gens heureux ».

On a la chance de retrouver pendant plusieurs éditions de suite des artistes comme Laurent Garnier, Elisa Dobrasil, Madben. C’est important pour toi d’avoir des résidents ?

Elisa Do Brasil a mixé pour la première fois en 1997 et c’était son premier live. Depuis c’est une résidante importante. Manu Le Malin ne manque jamais une édition depuis la première ! Et puis il y a evidemment Laurent Garnier qui vient très régulièrement. Humainement, je l’adore, c’est un militant des années 90. Il nous a toujours soutenu et motivé dans les moments difficiles. Il fait partie de notre histoire.

Nos résidents, c’est aussi une histoire de famille : ce sont nos amis, ils nous collent à la peau.

Comment tu procèdes pour créer la programmation ?

J’écoute de la musique tous les jours, parfois jusqu’à 9 heures. Je bouge pas mal le week end, j’achète beaucoup de tracks pour mixer également. C’est avant tout des goûts personnels. Après j’ai eu des déceptions, ça arrive, mais je n’ai jamais programmé par intérêt, c’était toujours personnel. Il faut conserver ça.

Astropolis 2015

Astropolis 2015

Quelles sont vos influences personnelles ?

Epoque inrock’, Bernard Lenoir. Je suis passionné par la scène de Manchester et par les raves des débuts 1990 mais pas de style particulier : hard core, techno comme Underground Resistance, Jeff Mills, Laurent Garnier : ils avaient de vraies revendications par rapport aux majors. Après il y a du bon dans tous les styles. 

Quel artiste as-tu toujours rêvé d’inviter ? 

Aphex Twin ! Dans les années 90, c’était vraiment bon. Et puis après sa longue pause, il n’était plus dans notre budget.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

On est dans l’âge d’or de la musique électronique : en France il y a une offre incroyable. Grâce aux associations actuelles, les line up sont construits avec passion et les belles années, c’est aujourd’hui. 

TOUTES LES INFOS SUR ASTROPOLIS.

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