Rencontre avec Molécule

Romain Delahaye, plus connu sous le nom de Molécule, a eu une année 2016 riche en live. Son aventure en mer lui a permis de créer un concert en 360° avec des images incroyables. Rencontre passionnante avec un musicien atypique qui a été confronté à la houle de l’Atlantique Nord.

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Molécule, dans son studio, au sein du navire Joseph Roty

D’où t’es venue l’idée de partir en mer pour enregistrer un album ?

C’était un vieux rêve : mêler musique et expérience extraordinaire. Notamment en partant en pleine mer composer avec des instruments. Quand j’ai commencé à faire de la musique je me suis très rapidement dit qu’un jour je partirais sur un bateau avec tout mon matériel de musique. Et il y a 4 ans, je me suis vraiment attelé à la mise en place de ce projet. J’ai fait une sorte de casting de bateau pour en trouver un qui pouvait m’emmener suffisamment longtemps en pleine mer pour avoir le temps de composer un album. Mais aussi un qui aille dans une région assez périlleuse pour tenter de mettre en musique la tempête. Par chance, j’ai trouvé un navire de Saint Malo, le Joseph Roty. J’ai pris contact avec l’armateur, je lui ai présenté le projet et a ma grande surprise, il a accepté, avec l’accord du capitaine. Un an plus tard j’ai embarqué sur ce navire pour une campagne de pêche, qui a duré 6 semaines. J’avais un dogme dans ce projet qui était également d’arriver avec des « pages blanches » et de ne retoucher aucune note, aucun morceau, une fois le pied remis à terre. L’album 60° 43’ Nord a été entièrement composé sur ce bateau, en 34 jours de mer entre l’Ecosse et l’Islande.

Le live en 360° faisait parti du projet initial ?

A la base, je souhaitais vraiment emmener avec moi un cadreur pour récolter des rushs vidéos et avoir de la matière pour faire ressentir et montrer au public les conditions dans lesquelles cet album a été créé. J’ai rencontré une boîte de production avant de partir pour réaliser ce projet. Ils ont réussi à motiver les équipes de Thalassa pour supporter ce projet, ce qui a permis d’avoir un reportage sur mon expérience. Une fois revenu à terre, je me suis retrouvé avec de bons disques dur de rushs vidéos. Ils ont servi à faire des clips dans un premier temps.

Puis l’année dernière, je suis entré en contact avec la Gaîté Lyrique l’année au sujet de la Nuit Blanche 2015. On a réfléchi ensemble à un projet immersif spécialement pour l’occasion ; la Gaîté est une salle qui permettait ce type d’immersion vidéo. Est donc née l’idée de vidéo à 360°. Mais je défend également cet album en festival et en salle avec un show vidéo diffusé sur écran de 12 mètres placé derrière moi, parce que je souhaite véritablement préserver cet état d’immersion, même sans dispositif spécifique.

Pourquoi être revenu à la Gaité lyrique un an plus tard ? 

Les Nuits Blanches, c’était le point de départ de ma tournée. Près de 1000 personnes se sont retrouvées dehors pour pouvoir rentrer à la Gaîté Lyrique pour voir ce show. Mais c’était dans le cadre des Nuits Blanches. En octobre dernier, c’était la date parisienne pour défendre l’album 60° 43’ Nord. Revenir ici coulait de source puisque cette immersion en 360° propre au lieu n’avait pas d’équivalent. La date affichait complet 3 semaines avant le concert donc on a bien fait de réitérer cette expérience !

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Romain Delahaye aka Molécule, à bord du Joseph Roty

Les équipes de Thalassa t’ont suivi de près mais tu as eu un projet avec Radio France également il me semble ?

Exact, on a fait un projet de documentaire en son binaural avec Radio France qui est disponible sur internet (ici ici). C’est un projet vidéo mêlant image et son qui est beaucoup plus fidèle à la démarche, au projet initial, aux émotions que je voulais transmettre. D’ailleurs je conseils à tous les auditeurs qui veulent aller plus loin dans ce projet, d’en apprendre plus sur le contexte, l’environnement sonore, de se plonger avec leur casque et d’aller sur cette page Nouveau Son de Radio France et de regarder ces 4 épisodes. Ça dure 40 minutes et le rendu est incroyable !

Tu as présenté ton live aux marins que tu as accompagné sur le Joseph Roty ? 

A mon grand regret on n’a pas fait de date live à Saint Malo, donc le concert n’as pas été présenté aux marins. Après, c’est compliqué parce qu’il faut trouver des dates qui coïncident avec leur emploi du temps, parce qu’ils travaillent beaucoup et sont souvent en mer. Mais j’espère prochainement…

Et puis avec eux ça s’est super bien passé visiblement !

Évidemment, il y a un lien fort qui s’est créé. On ne les entend pas sur l’album mais ils font vraiment parti de cette musique. Ils ont tout fait pour me mettre dans les meilleurs conditions, ils m’ont épaulé dans les moments difficiles. Certains m’ont même donné des conseils pour des prises de son en me disant : « tiens, aujourd’hui va sur le pic à l’avant, avec la direction du vent et cette météo tu auras des sons incroyables ! ». Donc il y a une  sorte de commémoration non audible, mais je leur dois beaucoup.

Pourquoi 60° 43’ Nord ? 

C’est la latitude la plus au nord à laquelle nous avons été avec le Joseph Roty. En gros c’est entre les îles Féroé et l’Ecosse.

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Les conditions difficiles de l’Atlantique nord

Ce projet a abouti à beaucoup d’éléments : un disque, un livre, un live, des reportages… Pourquoi autant de déclinaisons ?

C’est un projet qui a été long à mettre en place. Je souhaitais vraiment marquer le coup avec quelque chose qui raconte plus de choses qu’un simple disque. J’ai tenu un journal de bord quotidiennement, j’ai pris un maximum de photos. C’est une manière de donner vie à ce type d’expérience.

On imagine que ce projet a fait naître de nouvelles idées pour la suite…

Totalement. Je suis en pleine préparation de la prochaine aventure. Je ne peux pas trop en dire parce qu’on attend vraiment de fixer les dates avec les différents partenaires. Je souhaite encore une fois créer une musique dans des conditions extrêmes. Tout ce que je peux dire : ce ne sera pas sur l’eau.

Du coup pour ta prochaine expérience, on peut s’attendre à plusieurs choses et pas simplement un disque ? 

Ouais ! Après je vais faire attention à ne pas refaire les mêmes choses. Il faut trouver de nouveaux formats, peut être via des media différents… Aujourd’hui ce n’est pas encore clair, je suis en pleine réflexion. Et puis ça va dépendre des différentes collaborations que je vais créer. Je suis musicien mais je souhaite fortement collaborer avec des gens que j’apprécie.

Propos recueillis par Clément Here.

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