Rencontre avec Remy Gourlaouen, directeur du festival Made.

Alors que la seconde édition du Made. se termine, son directeur, Remy Gourlaouen nous a accordé un entretien pour mieux connaître le festival Rennais et ses ambitions.

Len Faki Made 2016

Peux-tu te présenter ?

Je suis Remy Gourlaouen, président de l’association rennaise organisatrice du Made. (Dancing Robots) et directeur du festival.

C’est quoi le but de cette asso ?

Notre asso a été créée en 2009 et à la base le but était la promotion de la scène électro du grand ouest en général.

Dans un premier temps, on a choisi d’organiser des soirées avec des artistes locaux en mode cool et pas cher … On a organisé nos premières soirées dans les bars puis les bars de nuit rennais. Ensuite une fois que les gens nous connaissaient, on a commencé à faire plusieurs scènes. Le truc c’est que c’est arrivé au moment où les jeunes français se sont réellement mis à se passionner pour la techno. Du coup, on faisait le plein régulièrement.

A partir de là, on est passé à l’étape suivante : faire venir dans nos soirées, avec des artistes locaux, des têtes d’affiches. Et notre idée c’était d’avoir des têtes d’affiches qui n’avaient jamais mis le pied à Rennes. Cela a très bien pris et certaines salles nous ont permis d’organiser des soirées à plusieurs scènes et donc  avec plusieurs styles très rapidement. C’est ainsi que sont nées les soirées « Made. ». Quand on s’est aperçu que, encore une fois, ça fonctionnait, on s’est dit qu’il fallait absolument en faire un festival.

C’était sur un coup de tête ou le concept avait bien été pensé ?

On savait qu’il  fallait attendre le bon moment. On ne pouvait pas prendre trop de risques, surtout à l’heure où le financement est une véritable difficulté. Mais tous les voyants étaient au vert, nos dernières soirées faisaient le plein et on se disait que ça aurait été sympa de faire venir des artistes plus gros. Le but était également de créer un événement avec d’autres associations. Ce n’était pas un pari gagné d’avance. Et ça a pris du temps de convaincre les autorités, de gérer le budget etc… Mais aujourd’hui c’est bien parti.

Ce n’était pas trop long d’avoir les autorisations nécessaires ?

Le territoire rennais est très ouvert et la Bretagne est la terre des festivals, donc c’est certainement plus simple qu’ailleurs.

Avant même les démarches, on s’était présenté aux autorités rennaises et aux élus pour voir leur réaction dans un premier temps. Le truc c’est que dès le départ, on a été bien reçu ! Ils nous ont donné des coups de main là où ça coinçait niveau autorisation. Par exemple, pour avoir les bus qui mènent du centre au parc expo, il nous fallait ce coup de pouce de Rennes métropole. Et on l’a eu.

Concernant les aides, pour la première édition, on était auto-financé et ce n’était pas étonnant. Quand tu organises un festival pour la première fois, tu n’as rien, et c’est justement grâce à cette première édition que se crée ta légitimité auprès des institutions, pour les éditions suivantes. Du coup, vu que la première année, ça a bien marché, on a reçu cette année un peu d’aide de la part de l’Adami. Mais nous n’avons rien reçu de la ville de Rennes, ni de la région Bretagne d’ailleurs. C’est le problème avec les festivals de niche.

Comment vous avez fait pour programmer tous ces artistes, dès la deuxième édition ?

Ça fait longtemps qu’on est dans le milieu et qu’on bosse avec des agences de booking.

Et depuis qu’on organise des événements à Rennes, on essaie d’accueillir les artistes de la meilleur façon. Et si l’accueil est bon, ça leur donne envie de revenir ! Et puis surtout on ne privilégie pas les DJ internationaux aux locaux, c’est hyper important.

On sait aussi que, comme la première édition s’est très bien passée, les artistes se sont passés le mot. C’est donc plus simple pour les convaincre.

Après, il y a des artistes qu’on a déjà fait jouer aussi dans d’autres événements, qu’on connaît bien, là aussi c’est plus simple pour nous.

Les nuits se passent au parc expo de Rennes (le même site que les Trans Musicales), c’était une volonté de départ ?

En fait, ce choix s’est fait en trois points :

1 – Le parc expo est la plus grosse salle que Rennes offre en terme de capacité

2 – C’est un ERP (Etablissement recevant du public), donc cela signifie qu’il n’y a pas de commission de sécurité donc c’est moins compliqué pour organiser un festival,

3 – La région Bretagne, c’est pas Barcelone. Niveau climat, on n’est jamais sûr de rien, il faut assurer. Avec un parc expo t’es tranquille !

On ne sait pas si ça se passera toujours à cet endroit, pour l’instant c’est plus pratique. Surtout que c’est aussi le lieux des Trans Musicales depuis des années, donc le dossier était déjà préparé (rire).

Est-ce que le succès de ce festival est dû au fait que Rennes est « en manque d’électro » ?

Si tu avais posé la question il y a 5 ans, je t’aurais dit oui. Aujourd’hui c’est moins vrai. Il y tout un tas d’associations avec des styles différents mais toujours autour des musiques électroniques. A Rennes il y a plein de soirées, pour tous les goûts désormais.

Votre démarche n’est-t-elle pas aussi d’attirer et de rendre attractive la ville de Rennes ?

Clairement ! Notre constat est le suivant : quand tu es un artiste en France et que tu veux exploser, tu n’as pas d’autres choix que de monter à Paris. C’est rare qu’un artiste fasse une carrière en sortant de Lorient. Si il est bon, il va monter à Paris.

Donc à partir de là, nous on fait la démarche des année 70, avec le début des Trans Musicales, lorsque la scène rock parisienne descendait à Rennes. Tous les médias descendaient et écoutaient des artistes Rennais à l’époque. Et ça cartonnait. On veut faire pareil ! Les villes se développent autour des musiques électroniques. On est pote avec les organisateurs du Paco Tyson (festival de Nantes, ndlr), et le constat est le même ! Si tout ces festivals poussent, c’est parce qu’il y a un public qui n’existait pas avant.

Comment tu expliques cette explosion de la musique électronique ?

Ma théorie est que l’on doit remercier Pedro Winter et sa scène Ed Banger parce que à l’époque, le public était ado et la techno était fluo, punk, agressive mais joviale, abordable et ça, ça a beaucoup plu à une génération d’ado qui a découvert la musique électro par ce biais. A partir de là, cette génération a découvert Jeff Mills, Laurent Garnier, etc …

Ensuite, il y a le web avec les Boiler Room, Resident Advisor, Soundcloud… L’accès est simple et les artistes sont visibles !

Et puis, il y a surtout Concrete qui a incité avec un vent de fraîcheur la techno Française et Paris à regarder les autres capitales en disant “nous aussi on peut faire comme vous”, avec des artistes pointus et des programmations de qualité.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Venez à Rennes ! Parce que c’est une belle ville de province, en plus on garde un côté kermesse, fête de famille. C’est encore un festival familial, c’est pas hype, c’est nature !

Vivement l’édition 2018 !

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