Cabourg Mon Amour : bravo, merci et vivement l’année prochaine !

L’édition 2017 du festival normand Cabourg Mon Amour est d’ores et déjà derrière nous, que l’on se prête déjà à désirer la suivante, tant ces 3 jours d’évasion et de fête passés sur la côte normande furent agréables. Retour sur les meilleurs moments et les coups de cœur de ce rendez-vous estival devenu incontournable qui se tenait les 28, 29 et 30 juillet derniers.

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© Simon Gosselin – Scène de la Plage

Baignés dans un cadre propice à l’évasion, les festivaliers se sont laissés bercer 3 jours durant au rythme des embruns de la côte Normande et d’une programmation musicale éclectique, les pieds dans le sable. Touchés par la bénédiction d’une météo clémente, les quelques 3000 personnes présentes quotidiennement n’ont pas manqué de repartir de la ville chérie par Marcel Proust avec le sourire et le teint coloré par les rayons du soleil.

Vendredi : l’orfèvrerie de Call Super, les jolies expériences de Jacques, et le triomphe de Paradis

12h30. Vendredi. Arrivés en Gare de Dive-Cabourg avec 2 heures de retard, les yeux cernés de ce départ bien trop matinal gare Saint-Lazare. Mais qu’importe. Notre hôte Airbnb, Jacques, papi dynamique de 70 ans, nous attend sur le parking, son journal à la main roulé comme un torchon. Il nous embarque à l’arrière de son break Renault flambant neuf, direction notre pied-à-terre. Nous y croisons sa femme Marie-Jo, qui nous accueille avec le sourire et un café bien chaud. Après quelques échanges de politesse et la remise des clés, nos hôtes nous souhaitent un bon week-end et taillent la route. Il est déjà temps pour nous de prendre la direction de la plage de Cabourg où se tiennent pour la première fois des djsets gratuits avant l’ouverture des portes du festival. Une sorte de première parenthèse quotidienne les pieds dans le sable bienvenue, propice à la détente, et idéale pour que les plus aguerris puissent commencer l’apéro en bonne et due forme.

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© Jacques-Henri Heim – La Baignade

17h30. L’arène Cabourg Mon Amour ouvre enfin ses portes. Et c’est Basile Di Manski qui se charge d’ouvrir le bal, perché sur la scène de la Plage, tandis que son délicat titre Burning Morning résonne avec douceurs face à la mer, la magie Cabourg Mon Amour opère déjà. A peine les dernières notes jouées, que l’on entend déjà sur la main stage de La Dune l’un des derniers featuring du rappeur Ichon, Le Code, en collaboration avec Bonnie Banane, Myth Syzer et Muddy Monk. Le jeune garçon de 26 ans originaire de Montreuil ne manque pas de bagout et vient s’amuser à secouer les festivaliers à coup de beats rutilants sur les lyrics détonantes, comme sur son titre #FDP qui s’écrase le long du front de mer. Certains paraissent déconcertés par les paroles, d’autres au contraire totalement conquis devant l’égo trip du jeune homme.

18h35. Retour sur la scène de la plage. Le producteur et dj français Renart s’apprête à entrer sur scène. Quand on sait la techno acérée que le producteur français signé chez Cracki Records peut délivrer au public, on s’interroge forcément sur l’adéquation de l’horaire choisie pour son passage. A notre grande surprise, ça match parfaitement et Renart embarque rapidement la foule au rythme de ses kicks … avant le drame : deux coupures de son à 10 minutes d’intervalle qui sonneront malheureusement la fin du passage de l’artiste.

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© Simon Gosselin – Renart

Ça et là, les festivaliers se font de plus en plus nombreux. Parties de mölkky et autre twister se succèdent, tandis que certains se prélassent dans le sable ou sur les installations en bois et autres hamacs. Curieux et plagistes de tous âges s’installent sur les étendues de sable attenantes au festival pour profiter du rock fringuant des britannique de Shame.

20h20. Le dj et producteur Call Super – dont on vous conseille d’ailleurs d’écouter la grosse session Boiler Room signé au Dekmantel – que nous découvrons pour la première fois en set, s’apprête à livrer un set progressif d’une précision et d’une limpidité redoutable. Et c’est probablement l’un des meilleurs set que l’on ait eu à voir ces derniers mois que le londonien nous a offert sur la plage de Cabourg. Quelques transitions suffisent à dynamiter la foule de la plage à l’heure du coucher de soleil. De quoi mettre les festivaliers dans les meilleures conditions avant d’aller découvrir le live de Paradis et de finir captivé avec le live expérimental de Jacques qui sera rejoint à notre grande surprise pour une version live revisitée du titre Le Code. Les plus prévoyant se rendront ensuite à l’after organisé dans une annexe du Casino de Cabourg, tandis que bon nombre de festivaliers se retrouveront joyeusement dans les bars de l’allée centrale de la ville.

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© Simon Gosselin – Call Super

Samedi : Agar Agar nous émerveille en live, Lone et Jacques Greene retournent littéralement la Plage

17h30. Dans la queue, la foule est bien plus compacte que la veille lors de l’ouverture des portes. Pas étonnant quand on sait que la journée de samedi était sold-out, tout comme les pass 3 jours. Un petit groupe compact se presse déjà autour du jeune auteur-compositeur-interprète Tim Dup. Nous préférons tout de même aller claquer une partie de Twister et reprendre une bière fraîche avant de grimper sur la scène de la Dune voir le groupe Cigarettes After Sex, qui malgré la qualité et la douceur de sa musique, nous à plutôt donné l’envie d’aller se bourrer de Prozac et de retourner se coucher, que de faire la fête.

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© Jacques-Henri Heim

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© Simon Gosselin – Cigarettes After Sex

Remis de nos émotions, direction avant même la fin de leur live vers la scène de la plage où se massent déjà de nombreux festivaliers venus découvrir les très attendus Agar Agar, autre signature du label Cracki Records. Et la claque a été générale si l’on en juge à l’applaudimètre. Depuis la veille, le duo formé par Armand et Clara est le premier groupe à nous faire dresser les poils et pourtant ce n’est pas la première fois que nous les voyons en live. Les chants lascif et criant de Clara, portés par les synthétiseurs d’Armand couplés aux kicks des boites à rythmes dégagent une sacrée alchimie, pour donner ce genre de live à part entière qui vous embarque une heure durant dans un voyage ultra progressif.

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© Simon Gosselin – Agar Agar

19h15. Alors que certains festivaliers jettent leur dévolu sur Lescop et Sönge, nous gardons nos forces pour les sets de Lone et Jacques Greene. Et autant dire que ces deux trublions ont livrés les moments festifs les plus survoltés de la seconde journée. D’abord avec Lone, qui à fait la Plage un veritable dancefloor survolté et ravis du coucher du soleil, puis avec Jacques Greene, qui a clôturé avec brio cette seconde journée avant qu’une partie du public prenne une nouvelle fois la direction du traditionnel after au Casino.

Dimanche : Parcels conquiert la foule, Ryder The Eagle nous fait du charme, Polo & Pan clôture en apothéose

14h. Dimanche. L’excitation est à son comble et le soleil est de la partie pour la venue du groupe australien Parcels, pour qui bon nombre de festivaliers a fait le déplacement. Sans oublier la sensation rap londonienne Lloyle Garner, la douceur mélodique de la chanteuse française Fishbach, ou encore la sensation du moment : Polo & Pan, chargé d’assurer le closing du festival. Mais c’est sur le groupe Ryder The Eagle que notre dévolu s’est jeté pour débuter les festivités de cette dernière après-midi. Et autant dire que ce qui s’annonçait comme une belle découverte, s’est vite transformée en claque auditive. Ryder est l’ancien batteur du groupe Las Aves et sa mue vers le chanson et la guitare n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire : une présence sur scène et un charisme de crooner ténébreux à faire chavirer le public en seulement deux mesures, incarnée au travers d’un rock à la fois fougueux et délicat. Un cocktail détonnant qui devrait porter ce projet musical vers un bel avenir. En tout cas, nous on y met une pièce.

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© Jacques Henri Heim – Ryder The Eagle.

15h40. Les premières notes joués par le groupe Parcels résonnent sur la scène de la Dune. Le public est massé devant la scène et ne s’attend pas encore à vivre l’un des moments les plus réjouissant et positif du festival. Une heure durant, le groupe australien, que beaucoup jugent à juste titre comme l’une des révélation de l’année, distille avec aisance ses mélodies teintées de funk et pleine de groove. Sans fioriture, le quintet embarque le public à coup de titres good mood dans un jeu de scène ultra communicatif. Le tube Myenemy nous fait comprendre un poil plus pourquoi les Daft Punk n’ont pas hésite à collaborer avec le groupe sur leur titre Overnight. Un signe s’il en faut, le rappel tonitruant du public pour que les 5 garçons reviennent sur scène. En vain. Le déroulé du festival est millimétré, mais les festivaliers sont indéniablement charmés. Nous n’hésiterons certainement pas à retourner les voir en live !

17h45. Après un set énergique aux basses lourdes lâché par les 4 filles de TGAF, et que certains jugeront un poil trop bourrin après les douceurs auditives proposées par Parcels, c’est au tour du jeune prodige de la scène rap londonienne, Mr Lloyle Carner, de venir présenter sa palette teintée de jazz et de soul. Au travers de textes intimes qui évoquent sa vie de famille et un père absent, le jeune prodige défend avec cœur son premier album intitulé Yesterday’s gone. Un phrasé et une énergie conquérante qui ne laisse pas de marbre l’auditoire, rapidement embarqué dans l’expérience musicale du jeune garçon. Seul bémol : un réglage des basses un peu trop accentué, prenant parfois le dessus sur les textes et la voix de l’artiste.

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© Simon Gosselin – Lloyle Carner sur la scène de la Dune

22h00. La nuit se pose délicatement sur le littoral cabourgeais tandis que la foule s’épaissit devant la main stage de la Dune. Certains sont là depuis une heure pour s’assurer une place au premier rang. Une impressionnante équipe technique s’empresse de monter le décor. Peu à peu l’univers de Polo & Pan prend forme. Et oui, qui mieux que Polo & Pan pour fermer le ban de cette cinquième édition ? Le duo formé de Paul Armand-Delille (Polo) et Alexandre Grynszpan (Pan) est venu accompagné de ses deux voix féminines Victoria et Marguerite. Depuis la première date de leur tournée (depuis la sortie de leur album Caravelle), on sent que le groupe a mûri.

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© Simon Gosselin – Polo & Pan pour le closing

Une énorme sphère aux allures cosmiques se dresse au milieu de la scène. Deux toiles géantes sont situées de part et d’autre, sur lesquelles différentes créatures imaginaires apparaissent selon le jeu de lumières. Le show commence. Le public n’attend qu’une chose : être invité dans la Canopée. Les chanteuses trouvent un écho dans le public à chaque parole. Polo & Pan sont derrière les machines et ne font aucune fausse note : Canopée, Nana, Bakara, Cœur croisé, Dorothy ou encore Rivolta. Les grosses basses sont cette fois-ci bien calibrées. Les festivaliers se lâchent en formant des cercles pour jumper. Il y aura un rappel avec Plage isolée que le public savourera jusqu’à la dernière onde. Avant de se disperser, sonné mais ému. Comme nous, qui repartons le cœur léger.

Si l’on ne devait avoir qu’une chose à dire : merci, bravo, et vivement l’année prochaine.

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