Festival Alphapodis : Conversation avec Anetha

Le Festival Alphapodis au Manoir de la Chaslerie (en Basse-Normandie) se rapproche un peu plus (30 septembre). Avant son passage sur les docks du festival, Anetha nous a livré quelques mots.

Anetha. Par terre.

Est-ce que c’est important pour toi de jouer pour des causes très « concrètes » comme c’est le cas pour le Festival Alphapodis ? (80% des bénéfices seront reversés à « La Ligue contre le Cancer de l’Orne » et « Le Cancer du sein, Parlons-En! ») 

Oui c’est très important pour moi de pouvoir participer à ce genre d’initiatives, d’autant plus qu’elles restent à mon sens trop rares. Pour être honnête, lorsque mon manager Farouk a reçu l’invitation, il m’a tout de suite mis au courant du caractère caritatif et des causes que le festival voulait soutenir. Parfois, nous sommes assez pointilleux sur la programmation, le lieu et d’autres paramètres avant la validation d’une date, mais face à une demande concrète comme celle-ci, la cause l’emporte de loin sur le reste. En plus, j’ai cru comprendre que le festival avait réussi à réunir tous les éléments essentiels pour nous faire vivre un moment fort, dans un lieu exceptionnel, tout en restant engagés, donc c’est super !

Est-ce d’ailleurs, quelque chose que l’on recherche (« s’engager pour une cause ») en tant qu’artiste? On en connait beaucoup (et dans tous les domaines) pour qui ça peut être une ligne directrice.

Je pense qu’être artiste, c’est au départ une démarche assez personnelle, voire égoïste. On recherche une sorte d’épanouissement et d’apaisement par la créativité. Par la suite, on en vient à partager cela avec d’autres personnes, afin de présenter notre univers, surtout que le métier de DJ est un « art » qui se réalise essentiellement via une communion avec le public. Mais je pense qu’un artiste ne peut pas se contenter de sa simple créativité, sans observer et s’impliquer dans ce qui se passe autour de lui. Il se doit de trouver d’autres sens à tout ce qu’il entreprend, d’être engagé, et de partager les valeurs qu’il veut défendre autant que possible !

On voit de plus en plus de festivals à « taille humaine » avec des jauges entre 2000 et 4000 festivaliers, est-ce que pour toi les sensations sont différentes dans ce genre de format ?

De toutes mes expériences, ce ne sont pas forcément les gros clubs ou les immenses festivals que je retiens le plus. Certes, certaines grosses scènes sont impressionnantes (comme le dernier Hors Série à Paris dans le vélodrome), et ce que l’on ressent est incroyable. Mais j’ai aussi passé des moments extraordinaires dans des petits clubs underground où la capacité ne dépasse pas 300 personnes. Ce que j’aime dans ce genre de clubs, c’est le fait d’être proche du public et de pouvoir réellement partager un moment avec eux. J’ai pu constater aussi que c’était très généralement des connaisseurs qui savent faire la fête et sont respectueux des artistes et du lieu ! C’est pareil pour certains festivals, comme par exemple le Freerotation. Il y a une vraie histoire qui est racontée et des réels moments partagés entre la foule et les djs, c’est agréable. Diffèrent et peut être moins impressionnant qu’une énorme scène de 20.000 personnes, c’est sur, mais il y a une meilleure vibe. L’idéal est bien sûr de varier les plaisirs :)

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore très bien, peux-tu nous dire comment tu as mis les pieds dans la techno?

J’ai très tôt écouté de la musique électronique et pas mal de New Wave grâce à mes parents, des passionnés de musique alternative. Je suis originaire de Bordeaux où j’ai commencé dès l’âge de 17 ans à jouer dans des petits bars et boîtes de nuit de la ville pour m’amuser, à côté de mes études d’architecture. Par la suite, je suis venue réaliser mon master à Paris et cela m’a permis de développer encore plus mon projet musical, grâce à des soirées organisées par des clubs et collectifs qui m’ont rapidement fait confiance dès le début, et qui m’ont permis d’en être là où j’en suis aujourd’hui : bien évidemment Blocaus mais aussi le collectif Sonotown et le super crew de chez Concrete !

Les premiers titres qui t’ont donné des frissons ?

The Cure – A Forest

Depeche Mode – Useless (Kruder & Dorfmeister mix)

Peux tu nous parler en quelques mots de Blocaus ?

Je fais partie de Blocaus depuis le début, ça fait 5 ans maintenant ! J’ai rencontré Farouk (mon booker) en soirée à Paris, nous avons tout de suite compris que nous avions la même envie de contribuer au développement de la scène techno en France. C’est donc en 2012 qu’a été créé le collectif Bloc (aujourd’hui devenu Blocaus), qui est géré par Farouk et son grand frère Mehdi. Blocaus, c’était à la base uniquement des soirées organisées dans des lieux emblématiques de la capitale. Mais petit à petit, on s’est diversifié, et aujourd’hui, c’est aussi une agence de booking et un label qui veut développer des artistes Français ainsi que nos artistes résidents. Depuis le début, nous essayons constamment de nous remettre en question, afin d’améliorer le projet de base et de lui apporter des dimensions nouvelles.

Question « Tu préfères » : Tu préfères être suivie toute ta vie (et partout) par des fans hystériques ou avoir des bras en mousse ? 

Ahahah, les bras en mousse, pour mixer, c’est pas la folie… donc bien évidemment les fans hystériques ! Mais par contre, avec des jambes en mousse, pour pouvoir les semer s’ils deviennent trop oppressants :)

Un truc fou que tu aimerais faire ?

Vivre éloigner de toute civilisation, loin des préoccupations de société et de ses croyances. Arriver à vivre en autarcie en développant un programme d’autosuffisance afin de revenir aux choses simples ! Je sais que c’est assez utopique :) mais j’ai récemment été touchée par des films qui traitaient de cette question : « Captain Fantastic », « Demain » ou encore « Dans Les Forets de Sibérie ».

Un autre métier qui t’aurait passionné ?

Je suis aussi architecte, et c’est un métier passionnant ! Malheureusement, il est impossible pour moi de pratiquer mes deux passions à la fois, mais je suis toujours super attentive à tout ce qui concerne l’architecture. Lorsque je voyage pour mes dates, j’adore me balader et me prévois toujours un petit programme.

Une question que tu aurais aimée qu’on te pose ?

Je suis déjà contente de voir que vous m’ayez épargnée de la traditionnelle question sur la place de la femme dans le milieu de la musique électronique. Alors merci pour ça :)

Infos et réservations Alphapodis.
Page Facebook Anetha.

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