Rencontre avec Arnaud Laly, directeur artistique du Made Festival

Histoire de changer un peu, nous avons rencontré le Directeur Artistique du Made Festival. Une rencontre originale, et créative !

Parc des expositions Made Festival 2017

WEMUSICMUSIC : Pourquoi des ronds/cercles pour cette édition 2018 ?
Arnaud : Déjà tout part de la nouvelle identité du Made Festival où le cercle sera l’idée forte. C’est une forme que l’on retrouve énormément dans la musique : les enceintes, les disques, les vinyles, les platines, les ondes…
Dans la musique, beaucoup de choses tournent autour du rond, du cercle. C’est hyper symbolique.

Peux-tu expliquer l’univers graphique du Made Festival ?
L’idée avec l’univers graphique est de créer une relation entre l’image et le son. C’est déjà quelque chose qu’on observe avec le VJing, qui est l’art d’animer l’image au rythme de la musique. Mais je souhaitais un moyen de figer le son pour créer l’univers. Partant de là, je me suis intéressé à la cymatique.

(Pause Wikipédia : La cymatique (du substantif grec « κῦμα » « vague », par l’allemand « Kimatik ») est une théorie ésotérique proposée au XXe siècle qui relie les vibrations sonores, mises en évidence sur des plaques ou à la surface de fluides, avec l’ensemble des phénomènes naturels.)

Plus simplement, c’est le son qui module la matière. On peut observer ce phénomène quand le son émis par une enceinte fait bouger l’eau ou encore des grains de sable sur une plaque ! Ces ondulations ont la particularité de se placer de manière géométrique.

L’idée était donc de recréer ces formes géométriques dans des cercles afin de faire vivre le logo et l’univers du Festival!

Tableau cymatique

De là, l’ensemble de ces symboles crée la base de la charte graphique du Festival. Le nouveau logo du Made Festival prend alors tout son sens en faisant vivre tous ces symboles dedans.

gif-logo-MADE-1920px

L’idée de cette identité dynamique est de créer de la diversité, comme ce que le Made souhaite mettre en avant de par les différents lieux occupés pendant le festival : parc des expositions, les opens air, showcase, etc.

Pour l’édition 2018, nous avons sélectionné trois des symboles et les autres vont venir alimenter le reste de la communication pour les évènements annexes, le site internet, publications, etc. Je trouve que c’est un bon moyen de représenter l’univers de la culture électronique qui est nourrie d’un paysage visuel minimaliste.

Affiches officiels 2018

Il y aura une récurrence visuelle entre chaque édition ?
La gamme de couleurs et les symboles vont évoluer pour rythmer chaque édition. Le bleu nuit, lui, restera la couleur identitaire, et tout comme le concept, cela ne changera pas. Pour évoluer mais sans modifier l’esprit, il va falloir graviter autour du concept de la cymatique, mon fil rouge.

C’est toi qui as proposé ce projet ?
À la base c’était un projet de fin d’études. Créer une expérience son / image me trottait depuis longtemps dans la tête. Ça faisait au moins un an et demi que j’avais envie de faire ça. Et il s’avère que le Made était un projet que j’observais bien depuis sa création. Donc c’était le sujet idéal pour appliquer cet univers.

Je suis allé voir Remy et Thomas (organisateurs du Made Festival) avec un projet clé en main, j’avais tout travaillé, j’ai tout expliqué et ils m’ont dit : “GO, tu reprends la direction artistique du festival”. J’ai kiffé, c’est allé super vite donc c’est top. Mais c’est aussi pas mal de pression supplémentaire. Il faut assurer !

Tu ne trouves pas que les prog’ des festivals monopolisent le budget à l’encontre du travail qu’il y a autour des affiches et des scénographies ?
Peut-être un peu. Mais la programmation restera la raison numéro 1 pour venir à un festival. Après les festivals travaillent de plus en plus pour mettre en avant un travail à 360 entre le graphisme, la scénographie et l’aménagement, ce qui n’était moins le cas il y a 10 ans.
Maintenant, il y a des recherches d’affinités, pour créer des liens cohérents entre l’ambiance et la prog’. C’est un vrai plus quand on va dans un événement où l’on prend une claque visuelle avant, pendant et après la soirée.

Les Nuits sonores sont très douées pour créer une ambiance, les Trans musicales et We Love Green aussi, sans oublier les 10 ans d’Ed Bangers qui avait fait un gros délire lors de leur soirée anniversaire !

Quelle est ton histoire avec la musique ?
Tout a commencé à Rennes quand j’étais étudiant, j’organisais des événements avec le collectif Decilab, qu’on avait créé avec deux potes : Charles & Thibault. Un feeling était passé lors d’une soirée et on a décidé de se lancer. Notre chance était d’avoir un certain éclectisme dans notre profil musical : l’un était plus électro hip-hop, l’autre plus techno, trap… Du coup on organisait des soirées à thèmes, comme Les Distilleries, axées sur la techno ou des soirées Bazar pour le côté électro / hip-hop. On a pu faire une trentaine d’événements avec des artistes comme Superpoze, La Fine Équipe, Basenji, Pfirter, Electric Rescue, etc.

Affiche Distillerie 2 et BAZAR 5

Jusqu’a récemment j’ai aussi continué l’aventure électro/hip-hop en co-organisant les soirées Nuits Indigo, avec Charles encore et Arthur au 1988 de Rennes. Ce qui a donné une vraie série d’une dizaine d’affiches avec des plateaux sympathique comme Brodinski, Para One, Teki Latex, etc.

Affiche Indigo 6, 7 et 8

Ces expériences m’ont fait évoluer dans ce milieu-là que j’ai vraiment adoré. C’est un bon moyen d’expression pour expérimenter le lien entre mes visuels et l’ambiance des événements.
C’est une vraie passion ce lien entre musique et design. J’essaye de différencier les sensibilités selon le style musical. Par exemple, l’univers graphique des soirées technos doit être plus froid, les événements plus joyeux doivent avoir des couleurs et formes plus funky, groovy. C’est d’ailleurs dans ce registre que je suis le plus à l’aise.

Aujourd’hui tu bosses uniquement pour le Made Festival ?
Je travaille avant tout à Paris dans le même domaine, mais pas dans le milieu musical. Sinon dernièrement, j’ai refondu l’identité des soirées Boogie à Rennes, qui sont organisées par Dancing Robots. Mais sinon il y a pas mal de boulot sur Made Festival étant donné qu’il y’a tous les codes à mettre en place cette année.

Nouvelle Identité Boogie

Et l’attachement avec la Bretagne ? Tu ne comptes pas le mettre en avant dans tes visuels ?
J’adore les lignes et la marinière. C’est classique hein, mais j’adore ce code graphique. Après, non, je ne compte pas mettre ça dans mes visuels même si j’adore la Bretagne.

As-tu des projets pour Paris ?
Aujourd’hui, je reste focus jusqu’au Made Festival. Mais oui, Paris je m’y suis installé pour profiter de cette belle ville et des opportunités qu’elle peut m’offrir. Aussi, la scène musicale est top, il y a toujours des choses à faire !

Arnaud LALY
Instagram : https://www.instagram.com/arnaud_laly/
Site : https://www.arnaudlaly.fr
Facebook : https://www.facebook.com/LALYArnaud/

Made Festival
Facebook : https://www.facebook.com/madefestivalrennes/
Event : https://www.facebook.com/events/305448736606453/
Site : https://made-festival.fr
Instagram : https://www.instagram.com/made.festival/

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